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Date de création : 01.08.2009
Dernière mise à jour : 01.08.2009
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Étymologies

Publié le 01/08/2009 à 06:43 par bremond

 

Absolu :Les formes asolu, ausolu 1080, dans La Chanson de Roland, emprunté au latin absolutitus (achevé, terminé), donnent au XIIIème siècle absolu. 1100 : parfait, d'où aussi saint (La chanson de Roland) ; 1165 : qui est sanctifié par l'absolution : N'i ai laissié ne jone ne chenu, Fors sol la guete et un clerc asolu ; 1270 : jeudi absolu, jeudi de la semaine avant Pâques où est accordée l'absolution quadragésimale : S'irons le joedi absolu De nos pechiés estre absolu ; 1393 : qui s'exerce sans limite (Le Ménagier de Paris) ; XIVème siècle : qui est indépendant de tout mot exprimé, terme de grammaire : Quant est mis ablatif absolut ? Quant il n'i a qui le gouverne (Thurot). Au XVIIIème siècle, il se répand dans le vocabulaire philosophique et politique. L'adjectif latin absolutus, a, um signifie libre d'empêchements, sans restriction, indépendant, absolu (construit absolument, c'est-à-dire sans complément), qui signifie achèvement, qui a par soi-même un sens complet, qui est au positif, net, sans obscurité, achevé, parfait, idéal. Il se rattache au verbe absolvo, is, solvi, solutum, absolvere signifiant séparer en dénouant, dénouer, délier, détacher, libérer, acquitter, absoudre, délivrer de l'ennui par une solution satisfaisante, payer une dette, s'acquitter envers, démêler, exposer, raconter, interpréter, résoudre, expédier, terminer, parfaire, remplir une promesse. L'étymologie témoigne de ce que l'absolu résulte d'un détachement et laisse donc un reste. C'est la fonction du sacrifice d'effectuer ce détachement, entre le sacré et le profane, par une mise à mort. Depuis le XVème siècle, on emploie l’adjectif en logique, en politique, en mathématique, en physique, en grammaire… L'adverbe absolument, apparu en 1225, est très utilisé par la Marquise de Sévigné. Absolutisme date de 1796 ; Absolutiste, de 1823. Par contre, absolution action d'absoudre, pardon, remise des péchés, et absolutoire, qui absout, qui exempte d'une peine, relèvent du verbe absoudre. Néanmoins, ce dernier dérive lui aussi du verbe latin absolvere.

Lorsque le mot est employé substantivement, l’absolu est ce qui, dans la pensée comme dans la réalité, ne dépend d’aucune autre chose et porte en soi-même sa raison d’être. Qui est donc en dehors de toute relation. “Le mot absolu est le plus souvent employé aujourd’hui pour indiquer seulement que ce qu’on dit d’une chose est valable en tant qu’on la considère en elle-même et par suite intérieurement.” Kant. Le beau absolu (chimérique ?) désignerait l’idée du beau en tant qu’existant en soi, indépendamment de toute réalisation particulière.

· Absolu vient du latin absolvere : délier, dégager, affranchir (absoudre quelqu’un d’une faute, s’absoudre : se absolvere), et achever, rendre parfait. Abs?l?tus, participe de absolvo, a ce sens d’achevé, complet, qui forme par soi-même un tout.

· En grec,tšleioj,tšleoj, signifient : de la fin (en français : téléologie, terme philosophique : étude de la finalité), d’où les sens 1) terminé, achevé, accompli, action, etc. ; 2) à qui rien ne manque, avec idée de quantité, ainsi du nombre parfait ; avec idée de qualité :tele…a ¢ret», vertu accomplie…Pantel»j : à l’actif, qui accomplit tout ; au passif, entièrement achevé ; d’où : complet, accompli, parfait, en parlant aussi bien des personnes que des choses.

Qui n'est pas relatif à. Ce sens s’est étendu à de nombreux domaines techniques. Terme d'algèbre en matière d'équation ; en termes d'Astronomie l’équation absolue est la somme de deux équations de l'excentrique, et de l'optique.

Voir Balzac : La Recherche de l’Absolu, mais aussi Le Chef-d’Œuvre inconnu.

 

Amour. Love dérive d'une racine germanique qui a donné Liebe en allemand. Mot cousin de Lief (volontiers), Leave (permission, à rapprocher de s'il vous plait), belief (confiance, foi), believe (croire). En latin nous avons lubet, lubido, libido (désir érotique) et en Sanskrit la racine lubh-(désirer vivement, être avide de, se mettre en chasse de).

L?b?t?na était : 1) la déesse des morts, 2) des rites funéraires et de la mort, 3) cercueil, administration des pompes funèbres. C'est une version infernale de Vénus. Elle nous signale peut-être la parenté inconsciente de la libido et de l'instinct de mort.

Emprunté au lat. ?ƒm?r, attesté au sens d'objet de l'amour quand il s’agit d’une personne, cf. lat. chrétien chez St Augustin.

Emprunté au gr.œrwj : désir des sens, 1) aimer d’amour ; 2) désir passionné, passion. ”Erwj : 1) principe cosmogonique, puis le dieu Amour.Éros ;Érotique,¹ ™rwt??!Òj, Emprunté au b. lat. eroticus, gr.¹ ™rwt??!Òj« qui concerne l'amour ». Agape,¢g£ph : repas communautaire des premiers chrétiens ;¢g£ph1) affection, amour fraternel, amour divin, amour au sens de passion, titre d’honneur : votre Amour ; 2) objet d’affection, être aimé ; 3) au pluriel agapes repas fraternel des premiers chrétiens, Clément d'Alexandrie ; première allusion à cet usage : Paul I Cor., XI, 17-34 où l'apôtre reproche aux Corinthiens leur essai d'agape eucharistique ; coutume en usage seulement jusqu'à finiie-iiie s.¢gap£w : 1) accueillir avec amitié, affection, rendre les derniers devoirs à un mort ; 2) aimer, chérir (ses enfants), aimer d’amour ; 3) avoir une préférence pour, être satisfait.¢gaphtÒj : 1) aimé, chéri ; 2) désiré, souhaité, d’où bienvenu, d’où Agapetus, Agapet, nom d’homme, Aimé ;¹ +il…a : 1) amitié, toutes, avec les hommes, la famille, les dieux, les animaux… ; 2) amitié au sens de vive affection ; 3) amour ; 4) amour, du gain, du pouvoir…Passion, amour à rapprocher de p?ƒt?or en latin : 1) souffrir, endurer ; 2) résignation ; 3) subir ; 4) se tenir avec persévérance dans tel ou tel état ; admettre, permettre ; et detÕ p£>ojen grec : ce qu’on éprouve, état de l’âme agitée par des circonstances extérieures, disposition morale, mouvements violents de l'âme, souffrance subie passivement ou patiemment. Sont proches les mots français comme patience, passible, passif, pâtir, compatir. Affection signifie tendresse, amitié, attachement. Il pourrait dériver du latin ad-facere, c'est-à-dire disposer en faveur de, travailler pour, toucher, mouvement de l'âme.

¹ storg» : 1) tendresse, paternelle ou filiale ; 2) amour.

¹ porne…a : 1) prostitution (voir ce mot) ; 2) toute action déshonnête, adultère, etc., relation avec les Gentils, idolâtrie… 

Ð pÒ>oj: désir d’une chose, éloignée ou absente ; 1) désir passionné, sensuel, les aiguillons du désir ; 2) désir, désir de mourir, etc.

Stšrgw : 1) aimer tendrement, chérir ; 2) se contenter de, se résigner ; 3 désirer, souhaiter.

¹ eÜnoia: 1) bienveillance ; 2) en mauvaise part : indulgence d’où partialité ; 3) marque de bienveillance, présent, gratification.

¹ c£rij: ce qui brille, ce qui réjouit ; 1) grâce, charme de la beauté, élégance ; 2) joie, plaisir, jouissance sensuelle, plaisir de l’amour ; 3) grâce, faveur, bienveillance ; 4) égards, marques de respect, désir de plaire, reconnaissance.¹ C£rij : épouse d’Héphaistos (Aglaé).TÕ c¢risma: le don, charisme ;¹ eÙcarist…a : reconnaissance, d’où eucharistie.

Éros et Antéros.Les origines. Si le Chaos, la Nuit, l'Érèbe ont pu s'unir et procréer, c'est par l'intervention d'une puissance divine, éternelle comme les éléments du Chaos lui-même, par l'intervention manifeste d'un dieu qui, sans être, à vrai dire, l'amour, a cependant avec lui quelque conformité. En grec, ce dieu antique, ou plutôt Éros et Antéros, antérieur à toute antiquité, s'appelle Éros. C'est lui qui inspire au produit cette invisible et souvent inexplicable sympathie entre les êtres, pour les unir et en procréer de nouveaux, La puissance d'Éros s'étend au delà de la nature vivante et animée : elle rapproche, unit, mélange, multiplie, varie les espèces d'animaux, de végétaux, de minéraux, de liquides, de fluides, en un mot de toute la création. Éros est donc le dieu de l'union, de l'affinité universelle : aucun être ne peut se soustraire à son influence ou à sa force : il est invincible. Cependant, il a pour adversaire dans le monde divin Antéros, c'est-à-dire l'antipathie, l'aversion. Cette divinité possède tous les attributs contraires à ceux du dieu Éros : elle sépare, désunit, désagrège. Peut-être aussi salutaire qu'Éros, aussi forte et aussi puissante que lui, elle empêche les êtres de nature dissemblable de se confondre : si parfois elle sème autour d'elle la discorde et la haine, si elle nuit à l'affinité des éléments, du moins l'hostilité qu'elle crée entre eux les contient chacun dans des bornes fixes, et ainsi la nature ne peut retomber dans le chaos

 

Beauté : dulatin bellus, joli, charmant ; bell?t?do : beauté, grâce ; puis, dérivé de bel par le latin vulgaire bellitas, le caractère de ce qui est beau ; (beatus, beatu : heureux).Pulcher, chra, chrum : beau, glorieux, noble ; formosus a um. 1100 : beltet, caractère de ce qui est beau, spécialement qualité d'une personne belle ; 1160 : beautez, idem ; 2ème moitié du XIIIème siècle : personne belle, “c’une biautez m'est venue devant” (Chansons attribuées au chastellain de Couci). Grec :tÕ k£lloj :Ι. la beauté : 1) dans Homère en parlant de la beauté physique ; 2) en parlant soit de la beauté physique des personnes ou des choses, soit de la beauté morale ; II. particulièrement : 1) belle chose (bel ouvrage, beau vêtement) ; au pluriel : de belles choses, belle femme, une beauté.

Beau : en grec,¹ kalÒj, 1) beau de corps, de visage, d’aspect, beau à contempler ;t¦ kal£ : les belles choses, les élégances de la vie ; 2) en parlant de la beauté morale, beau, noble, honnête, honorable, glorieux : “tš>nh!en oâper to‹j nšoij >nÇs!ein kalÒn”, “il est mort là où il est beau pour les jeunes hommes de mourir”, Eschyle ; le beau, le bien, la vertu, les belles actions ;kalÕj kaˆ ¢ga>Òj, ou mieux, en respectant la crase :kalÕj k¢ga>Òj, beau et bon, l’homme accompli, noble ; pour les grecs, la bonté est inséparable de la beauté, et inversement, cela forme un tout : la plus haute vertu ; 3) pur, naturel, en parlant du métal ; 4) parfait, accompli, achevé, précieux ; 5) convenable, habile à, favorable, etc.

La grâce tient à la beauté comme à l’amour.Emprunté au latin classique gr?t?a : faveur, complaisance ; reconnaissance ; bonnes grâces ; agrément, charme. Grec :¹ c£rij : ce qui brille, d’où : ce qui réjouit, d’où : grâce ; 1) grâce extérieure, charme de la beauté ; 2) joie, plaisir ; 3) faveur, bienveillance ; 4) égards, marques de respect ; 5) désir de plaire, condescendance, bonne grâce ; 6) reconnaissance… (Le mot latin c?r?t?s, traduit le grec¹ ¢g£ph : 1) affection, amour fraternel, amour divin, amour au sens de passion ; 2) objet d’affection, être aimé ; 3)¢g£pai : les agapes, repas fraternel des premiers chrétiens.) 

Tout ce que l’on dit et qui défini l’amour peut être dit de la beauté, l’un n’allant pas sans l’autre, considérant que l’amour est nécessairement beau et que la beauté est une authentique déclaration d’amour. Je me permets, en souriant, de citer ici un poème anacréontique (il subsiste peu de chose, sinon fragmentaire, de l’œuvre d’Anacréon de Téos – IVème siècle avant J.-C. L’imprimeur Henri Étienne, au XVIème siècle, a publié un recueil de poèmes composés à l’époque alexandrine par des imitateurs d’Anacréon) :Éros avalé par le poète.

  ”Erwta œpinon

 

Stšroj plš!wn po>háron

™n to‹j ·Òdoij ”Erwta,

kaˆ tîn pterîn katascën

še„j tÕn o?non :

la>ën dœpion aÙtÒn :

kaˆ nàn œsw melîn mou

ptero‹si gargal…zei.

 

Un jour, en tressant une couronne, j’ai trouvé dans les roses un Amour et, le tenant fermement par les ailes, je l’ai plongé dans le vin. Je l’ai pris et je l’ai bu. Et maintenant, à l’intérieur de mes chants, il (vous) chatouille de ses ailes.

 

Modestie.Latin modestia, de modestus, dérivé de modus, mesure : modération ; conduite modeste ; discrétion ; dignité, vertu. On a dit au XVIème siècle : modesteté.En grec,¹ a„dèj, mot féminin (respect qu’on se doit à soi-même et autrui), correspond au pudor latin, mot masculin : sentiment de pudeur, de réserve, de retenue, de délicatesse, d’honneur, de honte.`H a„dèj, exprime le sentiment de l’honneur, la honte, la crainte de, en particulier le regard :dia„doàj œcousa Ômma™leÚ>eron : la pudeur voilant son noble regard ; le mot exprime également la crainte respectueuse, le respect, les égards, le respect de l’infortune, ce qui cause la honte, et enfin les “parties honteuses” (pluriel neutre :tÕ a„do‹oj, ce que le respect mutuel interdit de montrer, latin : pudenda) ; tous ces sens touchent à l’intimité de la personne, les organes sexuels mais aussi les pensées, les sentiments,+rone‹n,c’est penser, c’est le bon sens, la pensée réfléchie, mot qui vient de¹ +r»n,+renÒj, le diaphragme, le cœur, les entrailles, d’où les notions de confiance, d’amour, d’amitié, de persuasion… De la modestie à la pudeur on arrive à la philosophie, à l’amour,+ile‹nc’est aimer,sterge‹nc’est chérir…

Mštrioj : mesuré ;mštriothj : juste mesure, modération dans les habitudes…

KÒsmioj : qui est en bon ordre, bien réglé, d’où sage, décent, honnête, modeste…

1352-56 : modération ; 1553 : médiocrité, absence d'éclat » (Bible) ;1553 : retenue dans la manière de parler de soi, absence de vanité (Bible.) ; spécialement 1933 grammaire pluriel de modestie (Mar.Lex.) ; 2ème moitié du XVIème siècle, retenue, pudeur, décence (Desportes, Diverses amours : une femme de ville Avec sa modestie et ses douces façons) ; 1850 costume (Le Moniteur de la Mode : Le corsage en cœur plissé, croisé, laissait voir une chemisette décolletée appelée modestie). Emprunté au lat. modestia.

 

 

On nommemusique, l’artdecombiner les sons. Ce mot est emprunté au latin musica (mousigena signifie enfant des Muses, on les surnommait à Rome, Camènes : agréables chanteuses) qui lui-même vient du grecmousi!Òj, c’est-à-dire qui concerne les Muses (Moàsai). Pour Hésiode, les Muses sont les neuf filles (Filles de Mémoire) issues des neuf nuits que Mnémosyne (¹ MnhmosÚnh, mère des Muses, personnification du souvenir : racinemn, ¹ mne…a : souvenir) la titanide a passées avec Zeus (ZeÚj). Elles sont nées en Piérie et séjournent sur le mont Hélicon (1748 m), en Béotie. Compagnes d’Apollon ('ApÒllwn mousaf™tajoumoushgšthj : musagète –¢gw : amener, conduire – celui qui conduit les Muses) et des Grâces, elles forment des chœurs. Couronnées de violettes („ostš+anoj), leurs chants sont si beaux que le mont Hélicon s’enfla de plaisir au point d’atteindre le ciel. Le cheval Pégase, d’un coup de sabot, fit jaillir la source Hippocrène (de†ppoj, cheval, et dekr»nh, source : la source du cheval) et revenir le mont Hélicon à sa taille normale. Ces chanteuses font aussi le don aux hommes de l’inspiration poétique et de la connaissance. Mousi!»(sous entendutšcnh – racinete!: fabriquer – : opposé à “nature”, art manuel, habileté, d’où technique ; ou™pist»mh : – l’esprit fixé sur son objet – science, art, habileté, connaissance), c’est proprement l’art de la Muse, celui de chanter, de jouer d’un instrument.Moàsa, racine :men>, appliquer son esprit, penser (man>£nw : apprendre en étudiant), même racine que les Mathématiques : les “Savantes Muses” ; le mot signifie muse, science, chant, parole. Platon commente ainsi l’origine du mot Muse : « Quant aux Muses et à la musique en général, c’est du fait de désirer (mws>ai), semble-t-il, de la recherche et de l’amour de la science que ce nom a été tiré ».`H tšcnh mousi!»ne désigne pas la musique, mais l’un des arts (neuf) qui se rapportent aux Muses. L’art musical, se dit mousi!Òj ¥!ousma, littéralement : ce qu’on entend. L’expressionmousi!Òj ¢n»r désigne non le musicien, mais l’homme cultivé, instruit des arts présidés par les Muses.

La musique est une porte vers la connaissance de la structure de l'univers : elle ouvre sur l'arithmétique et l'astronomie, elle permet à l'individu de percevoir l'harmonie des sphères. Dans son dialogue intitulé Ion, Platon décrit la chaîne qui va du dieu au spectateur ou à l'auditeur en passant par la Muse, le poète, le rhapsode. “Chacun n'est capable de composer avec succès que dans le genre où il est poussé par la Muse.” Les poètes sont les “interprètes des dieux” ; le poème est la trace d'un butinage au vallon des Muses comme l'abeille au hasard ramasse de quoi faire son miel. Il est le résultat d'une “trouvaille des Muses”

Pour les pythagoriciens les Muses sont moins liées à la création poétique qu'à un travail de mémoire (l'anamnèse) qui permet à l'individu d'échapper à la fuite du temps : les Muses permettent à l'individu de remonter le cycle de ses existences antérieures et d'échapper ainsi à la précarité humaine pour accéder à une forme d'existence divine. Par ailleurs, les Muses permettent d'accéder à un savoir sur le monde : la musique dont le nom vient des Muses est une porte vers la connaissance de la structure de l'univers : elle ouvre sur l'arithmétique et l'astronomie, elle permet à l'individu de percevoir l'harmonie des sphères.

 

 

Originalité. De origine, mot emprunté au latin ?r?go : 1) provenance, naissance, de choses, de l’homme, tirer son origine de, descendre de ; 2) auteur, père d’une race ; 3) figurément : cause, source, principe. Grec :¹ ¢rc» : ce qui est en avant, 1) commencement, d’où principe, origine ; point de départ, extrémité, d’un embranchement, fondement :pr£xewn ¢rcaˆ kaˆ Øpo>šseij, principes et fondements des actions ; 2) commandement, pouvoir, autorité, etc. ;¢rcštupoj (qui a donné en français archétype) : qui est le modèle, le type primitif d’une chose, modèle original d’une chose ;prwtÒtupoj(qui a donné en français prototype) ;‡dioj : (qui a donné en français idiot, idiometÕ „d…wma, idiotismeÐ „dièthj, particularité propre à une langue, etc.) qui appartient en propre à quelqu’un (par opposition à¢llÒtrioj : qui appartient à autrui, étranger), par suite : qui a un caractère ou une nature à soi : particulier, distinct, différent ; singulier, original, homme extraordinaire ; qui a un caractère particulier, privé, par opposition àd»miojpublic, àkoinÒjcommun ;par£doxoj(qui a donné en français paradoxe) : contraire à l’attente, extraordinaire, étrange, bizarre ; merveilleux… 

1699 [édition] originalité d'un ouvrage (Piles,Abrégé de la vie des peintres) ; b) 1762 originalité de caractère Diderot, Lettres à Sophie Volland) ; 1722 singularité, bizarrerie. On note également l’hapax 1 : originalité, lignage, extraction (fin duxive siècle).

Qualité de ce qui est original, caractère de ce qui est neuf, sans modèle de même nature. L'originalité d'une pensée, d'une expression. Il a de l'originalité dans l'esprit. Son style a de l'originalité, un caractère d'originalité fort piquant. Il signifie aussi singularité, bizarrerie. L'originalité de son caractère le rend de commerce difficile. Il se fait remarquer par l'originalité de ses manières.

 

1Un hapax ou apax (du grec¤pax(legÒmenon), « (dit) une seule fois ») est, en linguistique et en lexicologie principalement, un lemme (ou une forme de ce lemme) qui n'est attesté que dans une seule source (corpus, état d'une langue, etc.) ou trop rarement pour être considéré comme une preuve valable permettant d'établir l'existence du mot et de sa forme dans une langue donnée. Les hapax peuvent être réellement des mots rares mais aussi des erreurs (de copie, de grammaire, etc.). Dans l'ignorance, on les rejette souvent ou bien l'on considère que leur rareté ne rend pas leur témoignage suffisant. Par extension, hapax peut simplement désigner une chose n'étant apparue qu'une seule (ou de très rares) fois. Par exemple l'expression &l